La grande imposture : Quand l’oligarchie médicale tunisienne invoque le secret professionnel pour cacher ses revenus

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Lamari, Moktar




Le 26 janvier 2026 restera comme une date honteuse dans l’histoire de la médecine tunisienne. Ce jour-là, le Conseil national de l’Ordre des médecins a publié un communiqué d’une hypocrisie sidérante, réclamant la suspension de la facturation électronique au nom du « secret médical » et de la « protection des données de santé ».
Traduisons ce jargon corporatiste : dix-sept mille médecins refusent que l’État tunisien connaisse leurs revenus réels. Ils veulent continuer à encaisser dans l’ombre, à échapper à l’impôt, à vampiriser un peuple qui survit avec douze dollars par jour.





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Le secret médical comme bouclier fiscal

Quelle audace criminelle ! Invoquer le secret médical pour justifier l’opacité fiscale. Comme si la facturation électronique allait révéler les diagnostics des patients. Comme si l’administration fiscale cherchait à savoir qui souffre de diabète ou d’hypertension.
Non, messieurs les médecins, ce que la facturation électronique révélera, c’est combien vous gagnez réellement en ponctionnant les plus pauvres, combien de liasses d’espèces disparaissent chaque jour dans vos poches sans laisser la moindre trace.

Le communiqué de l’Ordre parle de « mesures complexes et coercitives » imposées sans consultation. Mais la loi, par définition, est coercitive pour ceux qui refusent de la respecter. Le boulanger, lui, n’a pas été consulté avant qu’on lui impose la TVA. L’ouvrier dont le salaire est prélevé à la source n’a jamais eu voix au chapitre.
Pourquoi les médecins, formés gratuitement aux frais du peuple tunisien, mériteraient-ils un traitement de faveur ?


Une caste qui s’enrichit sur la misère

Dans un pays où le revenu annuel moyen ne dépasse pas cinq mille dollars, certains médecins empochent cinquante fois le salaire minimum de deux cents dollars. Dix mille dollars par mois, parfois davantage, arrachés à une population qui doit choisir entre se soigner et nourrir ses enfants.
Et ces fortunes bâties sur la souffrance humaine, ils veulent les garder cachées, « ni vu ni connu ».

Aïcha, femme de ménage de cinquante-huit ans, a dû emprunter cent cinquante dinars pour consulter un rhumatologue.
« Il m’a à peine regardée, m’a prescrit des médicaments hors de prix et ne m’a donné aucun reçu », raconte-t-elle, les larmes aux yeux.
« Quand j’ai demandé une facture, il m’a dit que ça coûterait plus cher. »
Ce médecin roule en Porsche. Aïcha marche une heure pour économiser les cinq cents millimes du bus.

Salah, retraité diabétique, a vendu l’alliance de sa défunte femme pour payer un cardiologue privé après avoir attendu neuf heures aux urgences publiques. Quatre-vingts dinars cash, sans trace.
« Le docteur m’a dit de revenir le mois prochain. Avec quel argent ? » demande-t-il.
Ce médecin possède trois cabinets. Salah habite une pièce sans chauffage.


L’insulte aux pionniers

Où sont ces médecins étrangers des années 1970, ces Polonais et Yougoslaves qui parcouraient les villages tunisiens avec leurs trousses usées, soignant gratuitement, dormant chez l’habitant, partageant le pain sec des paysans ?
Ces hommes et ces femmes incarnaient véritablement le serment d’Hippocrate. Ils ne demandaient rien, ne réclamaient aucun privilège, travaillaient dans la dignité et l’humilité.

Aujourd’hui, leurs successeurs tunisiens, formés dans des universités payées par le contribuable, refusent même de déclarer leurs revenus. Ils transforment la médecine en commerce de luxe, les cabinets médicaux en boutiques réservées aux riches, la santé en marchandise accessible uniquement à l’élite.


La fausse menace sur l’accès aux soins

L’Ordre des médecins ose prétendre que la facturation électronique « pousserait certains médecins à cesser leur activité », menaçant « le droit des citoyens à accéder aux soins de santé ».
Quelle obscénité ! Comme si ces médecins, qui encaissent des fortunes non déclarées, allaient renoncer à leurs revenus princiers parce qu’on leur demande simplement de payer leurs impôts comme tout le monde.

C’est du chantage pur et simple : « Laissez-nous frauder ou nous abandonnons les malades. »
Mais la vérité, c’est qu’ils ont déjà abandonné les malades. Les hôpitaux publics sont désertés par les médecins qui préfèrent leurs cliniques privées lucratives. Les villages reculés n’ont plus de médecins depuis des décennies.
L’accès aux soins est déjà compromis, non par la facturation électronique, mais par la cupidité d’une profession qui a trahi sa vocation.


Le dialogue comme tactique dilatoire

Le Conseil annonce sa « pleine volonté d’engager un dialogue constructif ». Nous connaissons cette stratégie : gagner du temps, noyer le poisson, créer des commissions qui ne concluront jamais.
Pendant ce temps, les espèces continueront à circuler sous le manteau, les revenus resteront cachés, les impôts impayés.

Non, messieurs, le temps du dialogue est terminé. La loi existe, elle doit s’appliquer. Sans exception, sans privilège, sans passe-droit.
Vous n’êtes pas une caste intouchable. Vous êtes des citoyens tunisiens comme les autres, redevables envers le peuple qui a financé votre formation, envers l’État qui vous a délivré le droit d’exercer.


La facture à régler

Dix-sept mille médecins refusent la transparence dans un pays qui manque de tout, où les écoles tombent en ruine, où les routes tuent, où les hôpitaux publics n’ont pas de gaze stérile.
Chaque dinar dissimulé est un dinar volé aux enfants tunisiens, aux malades chroniques, aux personnes âgées abandonnées.

L’État tunisien doit tenir bon. Aucun recul, aucune concession. La facturation électronique doit s’appliquer immédiatement au secteur médical, et ceux qui s’y opposent doivent perdre leur licence d’exercice.
C’est une question de justice, de dignité nationale, de survie d’un pays saigné par ses propres élites.

Les médecins tunisiens ont une dette envers leur peuple.
Il est temps qu’ils la paient.

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