Fitch Ratings: une réforme prudentielle fait augmenter le seuil des réserves des banques tunisiennes

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Selon un communiqué de Fitch Ratings, publié jeudi, la résilience du capital des banques tunisiennes sera mise à l’épreuve par les réformes du cadre prudentiel engagées par les autorités. L’agence estime que ces évolutions pourraient conduire certaines institutions à rechercher de nouveaux capitaux ou à adopter d’autres mesures afin de renforcer leurs réserves.

Le programme de réforme de la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit l’introduction de règles de fonds propres alignées sur Bâle III d’ici fin 2026. Cette évolution interviendra alors que les banques se préparent également à la mise en œuvre de la norme comptable IFRS 9, attendue d’ici fin 2027. Selon Fitch, ces transitions représenteront un défi particulier pour les établissements dont la marge de manœuvre au-dessus des seuils réglementaires actuels demeure limitée.


L’agence précise que les implications en matière de notation dépendront de l’évaluation de la crédibilité et de l’exécution des plans de renforcement du capital, ainsi que de la durabilité des hausses des ratios de fonds propres. À ce stade, Fitch n’anticipe pas d’intervention réglementaire immédiate pour les banques qui ne seraient pas conformes à la fin de 2026.




À long terme, Fitch considère que ces réformes devraient avoir un effet positif sur le secteur, en renforçant la discipline en matière de capital et les pratiques de gestion des risques, et en améliorant la capacité d’absorption des pertes. Elles interviennent toutefois dans un contexte de conditions opérationnelles jugées précaires et de dégradation de la qualité des actifs, en lien avec des pressions macroéconomiques persistantes. Malgré cela, l’agence s’attend à ce que le secteur demeure légèrement rentable et conserve une bonne liquidité, comme en témoigne la perspective sectorielle « neutre » pour 2026.

L’adoption de la méthodologie Bâle III pour le calcul des actifs pondérés en fonction des risques (RWA), notamment pour les risques de crédit et opérationnels, devrait entraîner une augmentation des RWA pour plusieurs banques, exerçant ainsi une pression à la baisse sur les ratios de capital déclarés. Les réformes introduisent également des exigences qualitatives et quantitatives plus strictes en matière de fonds propres de base, avec un accent accru sur les fonds propres de catégorie 1 et les actions ordinaires, ainsi que l’obligation de déclarer le ratio de fonds propres CET1.

Le ratio sectoriel d’adéquation des fonds propres (CAR) s’établissait à 14,4 % à fin septembre 2025, soit un niveau supérieur au minimum réglementaire de 10 %. Fitch estime toutefois que cette marge de sécurité devrait se réduire avec l’entrée en vigueur du nouveau cadre.

Par ailleurs, la mise en œuvre de l’IFRS 9 introduira un cadre de provisionnement fondé sur les pertes de crédit attendues, impliquant une approche plus prospective du risque. Cette évolution pourrait nécessiter un provisionnement supplémentaire, notamment pour les expositions classées en phase 2. Toutefois, le resserrement progressif, depuis 2021, de la méthodologie de calcul des provisions générales par la BCT devrait faciliter la transition pour la majorité des banques.

Certaines institutions ont déjà renforcé leurs fonds propres de manière préventive. Néanmoins, Fitch estime que plusieurs établissements pourraient devoir engager de nouvelles mesures de recapitalisation, principalement via la rétention des bénéfices — y compris des politiques de dividendes plus restrictives — et/ou des augmentations de capital.

Dans ce contexte, la BCT a décidé en janvier 2026 de limiter la distribution des dividendes bancaires à 35 % du bénéfice net de l’exercice 2025. Elle a également conditionné ces distributions au respect d’une marge d’au moins 2,5 points de pourcentage au-dessus des exigences réglementaires minimales pour les ratios de niveau 1 et de capital total, après prise en compte des dividendes à verser.

Fitch estime enfin que la Banque centrale pourrait accorder une période transitoire ou des mesures d’assouplissement aux établissements ne respectant pas immédiatement les nouvelles normes, tout en maintenant une incitation claire à la mise en conformité progressive.

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