Alerte Rouge : Facturation électronique 2026, le grand malaise des entrepreneurs
Pourquoi on nous oblige à payer des sociétés privées pour respecter la loi ?
Par Hamed AL-KHARRAZ, Expert en Développement Entrepreneurial
Par Hamed AL-KHARRAZ, Expert en Développement Entrepreneurial
Nous sommes le 13 janvier. La réforme est là. Nous aimons notre pays et nous sommes les premiers à vouloir une Tunisie moderne et transparente. Payer ses impôts est un devoir sacré. Mais ce qui se passe aujourd'hui avec la facturation électronique ne ressemble pas à une modernisation : cela ressemble à un piège.
Il ne s'agit pas de rejeter la technologie, mais de dénoncer une anomalie qui est en train d'étouffer les petits, les jeunes et les professionnels de confiance.
LES 4 VÉRITÉS QUI DÉRANGENT (Important)
Si vous ne devez retenir que l'essentiel, voici pourquoi la situation est grave :1. LES PROFITEURS FORCÉS :
Pourquoi l'État nous oblige-t-il à signer des contrats avec des vendeurs de logiciels privés ? Ces sociétés se retrouvent avec une rente garantie par la loi. Elles profitent de la réforme pour s'enrichir sur le dos des entrepreneurs qui n'ont pas le choix.
2. L'IMPÔT DÉGUISÉ (Le Piège des Exonérés) :
L'État a dit aux jeunes créateurs de 2024 et 2025 : « Créez votre entreprise, vous ne paierez pas d'impôts pendant 4 ans ! ».
Et aujourd'hui, en 2026, on leur dit : « Ah, finalement, vous devez payer environ 1 000 dinars par an de frais de logiciel accompagnés par d’autres frais à venir… ».
C'est une trahison de la promesse initiale.
3. LE SECRET VIOLÉ :
Médecins, avocats, experts… la loi vous oblige à mettre vos secrets professionnels sur les serveurs d'une société commerciale. Qui accepte cela ? C'est illégal et dangereux.
4. LE FLOU TOTAL :
Un forgeron, un mécanicien, un boulanger… sont-ils des prestataires ? Personne ne sait. C'est la panique.
1. POURQUOI SOMMES-NOUS OBLIGÉS D'ENRICHIR DES SOCIÉTÉS PRIVÉES ?
C'est la question que tout le monde se pose. La facturation est un acte fiscal, c'est une relation entre le citoyen et l'État. Alors, pourquoi y a-t-il un intermédiaire commercial obligatoire au milieu ?Aujourd'hui, pour respecter la loi, je ne peux pas aller sur un site gratuit de l'État. Non, je suis forcé de m'abonner chez un vendeur de logiciel (SaaS). Ces sociétés privées sont les grandes gagnantes de l'histoire. Elles n'ont même plus besoin de faire d'effort commercial : la loi leur amène les clients sur un plateau d'argent.
* Est-ce normal que le respect de la loi soit conditionné par l'achat d'un produit privé ?
* Pourquoi l'État n'a-t-il pas créé sa propre plateforme gratuite ?
Nous avons l'impression d'être des clients captifs, livrés à des profiteurs de la réforme qui vont encaisser des millions d'abonnements simplement parce que nous avons peur des amendes.
2. LE SCANDALE DE « L’IMPÔT DÉGUISÉ » (MINIMUM 1 000 DT/AN)
Parlons chiffres, car c'est là que ça fait mal.Pour les jeunes entrepreneurs qui ont lancé leur projet en 2024 ou 2025, l'État avait promis : « Zéro impôt pendant 4 ans ».
Mais regardez la réalité de la facture 2026 pour avoir le droit d'émettre une facture légale :
* Certificat DigiGo ou clé électronique (TunTrust, etc.) : ~175 à 350 DT/an
* Abonnement logiciel (obligatoire) : ~600 à 800 DT/an
* Frais de transaction : ~150 DT/an
TOTAL : plus de 1 000 dinars par an.
Appelons un chat un chat : pour une petite entreprise qui ne fait pas encore de bénéfices, ces 1 000 dinars sont un impôt. L'État ne le prélève pas directement, mais il nous oblige à le payer à des tiers. On donne d'une main (exonération fiscale) et on reprend de l'autre (frais logiciels). C'est injuste et cela tue l'esprit d'entreprise.
3. VOS DONNÉES SONT-ELLES EN SÉCURITÉ ? NON
Imaginez que vous allez chez votre médecin pour une maladie grave. Ou chez votre avocat pour un problème sensible. Ces informations sont sacrées, protégées par le secret professionnel.Avec le système actuel, votre médecin ou votre avocat doit saisir sa facture sur un logiciel privé, hébergé sur le cloud. Cela signifie que :
1. Le nom du patient et sa maladie se retrouvent sur les serveurs d'une entreprise commerciale.
2. Si cette entreprise fait faillite, est piratée ou revendue, où vont vos données ?
C'est un risque fatal. On demande à des professionnels de confiance de violer leur éthique en confiant leurs dossiers à des marchands de logiciels. Cela contredit nos lois sur la protection des données et les standards internationaux (RGPD).
4. LA PANIQUE DES PETITS MÉTIERS : « SUIS-JE CONCERNÉ ? »
Enfin, il y a ceux qui sont oubliés : le forgeron, le menuisier, le mécanicien, le pâtissier…Sont-ils des commerçants (vente d’un objet) ou des prestataires (vente d’un service) ?
La loi est floue. Aucune définition claire n'a été donnée. Résultat : ces artisans, souvent sans ordinateur, sont en panique. Ils ont peur de l'amende mais ne savent pas utiliser ces logiciels complexes.
On risque de voir des milliers de petits travailleurs honnêtes arrêter de facturer ou basculer dans l'informel.
CONCLUSION : CORRIGER LE TIR, VITE !
Nous ne sommes pas contre l'État. Nous sommes contre l'injustice technique.Messieurs les décideurs, la solution est simple et prouvera votre bonne foi :
1. Arrêtez l'hémorragie financière : créez immédiatement un portail public gratuit.
2. Protégez le secret professionnel : excluez les données sensibles (santé, justice) des serveurs privés.
3. Clarifiez les métiers : dites clairement aux artisans ce qu'ils doivent faire.
La modernisation, oui.
Le racket organisé par des logiciels privés, non.






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