2025 commence sous le signe d’un monde où seule la force compte

Amine BEN GAMRA (*)
Le président américain a annoncé mercredi 2 avril qu’il imposerait des droits de douane d’au moins 10 % sur toutes les importations aux États-Unis, avec des taux plus élevés pour des dizaines de pays, dont ceux de l’UE (20 %) et la Chine (34 %).
Le message de Trump est clair : la mondialisation est finie. Cette offensive contre le monde entier ne peut être interprétée que comme une déclaration d’indépendance économique.
Alors voilà. 2025 commence sous le signe d’un monde où seule la force compte.
Et ce n’est pas fini : 2025 sera celle de la loi du plus fort. Commerce mondial, droit international, diplomatie : oubliez les règles du jeu, la jungle est là
L’effet de ladite hausse restera limité au niveau de notre cher pays (La Tunisie est frappée d’un tarif de 28 %, l’Algérie se voit imposer 30 %, tandis que le Maroc est taxé à 10 %.), car les exportations tunisiennes vers les États-Unis ne représentent qu’une faible part des exportations totales de la Tunisie. Mais il faut s’attendre à une augmentation généralisée des prix sur des articles tels que les véhicules, les vêtements, les appareils électroménagers…
Morale de l'histoire : il est grand temps d’opérer une transformation économique profonde, fondée sur l’innovation et la souveraineté nationale.
Il est également essentiel de promouvoir l'intégration régionale entre la Tunisie, l'Algérie, la Libye et la Mauritanie afin de faire face à une guerre commerciale spectacle imminente.
Aujourd’hui, le volume des échanges intra- régionaux entre ses pays, est l'un des plus faibles au monde, représentent moins de 5 % du total des échanges des pays qui la composent (soit un pourcentage nettement inférieur à celui observé dans tous les autres blocs commerciaux régionaux du monde).
Alors qu’une pleine intégration économique de ladite région permettrait une hausse importante du PIB et du taux de croissance de chacun des pays. D’après les projections de la FMI, le gain de croissance découlant de l’intégration commerciale est de 1,6 % en Algérie, 3,9 % en Libye, 3,4 % en Tunisie et 5,5 % en Mauritanie.
L’intégration créerait un marché régional de près de 100 millions de personnes disposant chacune d’un revenu moyen d’environ 4.000 dollars en termes nominaux et d’environ 12.000 dollars en parité de pouvoir d’achat. Cela rendrait la région plus attrayante pour l’investissement direct étranger, réduirait les coûts des échanges intra-régionaux et des mouvements de capitaux et de main-d’œuvre, et améliorerait l’efficience de la répartition des ressources.
* Expert Comptable
Commissaire Aux Comptes
Membre de l'Ordre des Experts Comptable de Tunisie
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